Rondes, mâts et guirlandes dans chaque quartier

En terres catholiques, le mois de mai était temps traditionnellement de processions mariales et de festivités villageoises.

En février 1907, le chansonnier Menica Rondlly (l’auteur de Nissa la bella) et le journaliste Léon Barbe, de l’Eclaireur de Nice, cherchent à faire revivre la tradition des Mais : le journal organise donc un concours entre les quartiers, doté d’un prix et relayé dans le quotidien et son supplément hebdomadaire illustré, l’Eclaireur du dimanche.

Un comité de quartier se constitue ainsi pour organiser un mai sur chaque place de la ville avec décoration, guirlandes et élection d’une reine et de ses dauphines. Les Niçois s’emparent avec joie de l’idée et on doit à Raoul Dufy une représentation très colorée du Mai du Vieux-Nice en 1930.

Également fournisseur des batailles de fleurs, le fleuriste niçois Jean-Baptiste Robbi fait breveter une machine à tresser les guirlandes qui lui permet d’approvisionner les comités lorsque la main d’œuvre locale ne suffit pas. Les décorations de ces Mais de quartiers sont parfois intemporelles (corbeilles de fleurs, éventails, moulins, lanternes, etc.) mais peuvent être, à l’instar des chars de carnaval, satiriques telles le « Relèvement du franc » du comité de la rue François-Guisol en 1926 – alors que Raymond Poincaré prend la Présidence du Conseil en plein crise monétaire.

L’Eclaireur de Nice survit pas à la Seconde guerre mondiale et, avec le journal, le concours des Mais de quartiers disparaît. Il faut attendre la fin des années 1950 pour que la municipalité, au travers de son comité des fêtes, réactive la tradition festive.

L’acquisition de l’ancienne propriété Garin de Cocconato et l’aménagement des jardins des Arènes à Cimiez en font alors le lieu idéal d’une manifestation municipale qui reprend une part des codes lancés par le quotidien niçois au début du siècle, notamment l’érection d’un mât que les jeunes garçons cherchent à gravir.

Illustrations issues du fonds du service photographique de la Ville de Nice (1970, 1973), des archives personnelles d’Eric Bertino (fonds Robbi) et de l’Eclaireur du dimanche (mai 1921, mai 1922, juin 1926).

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Les Mais s’affichent

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Dès 1962 la manifestation municipale des Mais se dote d’affiches. C’est tout naturellement Gustave Mossa (1883-1971), imagier officiel du carnaval de Nice, qui réalise les premiers visuels de communication pour le compte du comité des fêtes.

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