Rosières et reines des Mais

Nouoe, filha a castagna, la sieu rouba cuerbe la magagna [Noix, filles et châtaignes, leurs robes cachent leurs défauts] (proverbe niçois)

L’institution des rosières a été codifiée chez les Francs, au VIe siècle, par saint Médard, évêque de Noyon, dont la sœur, Médrine, aurait été la première rosière. Les conditions alors exigées des candidates étaient extrêmement rigoureuses : non seulement les jeunes filles présentées devaient être en tous points irréprochables, mais aussi leurs aïeux, jusqu’à la quatrième génération… Un mois à l’avance, on faisait connaître leur candidature, en chaire, afin que chaque paroissien puisse y souscrire ou la disqualifier. Trois jeunes filles étaient d’abord choisies parmi celles qui offraient le plus de garanties et l’une d’elles était désignée, à la Pentecôte ou lors de la Saint-Médard (le 8 juin), pour recevoir solennellement la couronne de roses blanches et une dot. À l’occasion de son mariage avec Marie-Louise, Napoléon dota ainsi 6.000 rosières qu’il maria à des militaires de la Grande-Armée.

Les terres de langue d’oc et l’Espagne avaient également leurs rosières, traditionnellement élues le 1er mai : habillée de blanc, entourée de ses demoiselles d’honneur, la jeune fille qui passait pour la plus jolie et pour la plus sage de la paroisse présidait, du haut d’une estrade enguirlandée, aux réjouissances, aux jeux et tournois populaires, dont elle couronnait les vainqueurs. On l’appelait la « Maïa » ou la « Mavo », c’est-à-dire la reine de Mai.
A la Belle Epoque, à l’occasion des fêtes du printemps de Nice, sont élues par leurs corporations une « reine du marché », une « reine des fleurs », une « reine des midinettes », etc. qui défilent lors des corsos de galas.

Dans les années 1920, la France est touchée par la mode des concours de reines de beauté, sélectionnées sur leur plastique plus que sur leur moralité. Ainsi, la finale du concours organisé par Le Journal de M. de Walleffe a lieu en avril 1921 à Nice ; le char de la « Reine du concours de beauté » avait d’ailleurs déjà défilé en février 1921 dans le cortège carnavalesque.
En réaction, le quotidien niçois L’Eclaireur de Nice et du Sud-Est entend relancer l’ancienne coutume des « Maia », tombée en désuétude, et organise un concours de « Reines des Mais » en 1922. Deux types de candidates sont désignées par les comités de quartiers dans l’entre-deux-guerres : jeunes filles « modernes » en tunique blanc virginal et diadème brillant à la mode des Années Folles ; ou jeunes filles « traditionnelles » portant le costume folklorique codifié emprunté à la bouquetière niçoise (capeline, châle, jupe rayée).
L’opération est reprise dans les années 1930 sous l’égide du comité des fêtes dans le cadre de la « Grande Fête niçoise du Printemps » au jardin Albert-Ier.

La tradition de la Reine des Mais, qui s’était étiolée au temps des majorettes, a été relancée en 2014.

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Dès 1962 la manifestation municipale des Mais se dote d’affiches. C’est tout naturellement Gustave Mossa (1883-1971), imagier officiel du carnaval de Nice, qui réalise les premiers visuels de communication pour le compte du comité des fêtes.

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